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LCE 50 : journée d’amitié à Villedieu Les Poëles

Nous nous sommes réunis le 12 mars dernier à Villedieu Les Poëles afin de découvrir le musée du patrimoine et la fonderie de cloches Cornille Havard. Plus de 50 membres de notre délégation étaient présents. C’était l’occasion de nous revoir après un long hiver et de commencer à préparer notre venue à Lourdes en septembre. Un repas tiré du sac a été partagé dans la salle paroissiale gracieusement prêtée par la paroisse.

Nous découvrons la fonderie Cornille-Havard fondée en 1865. Elle perpétue la tradition des fondeurs de cloches depuis le Moyen-Age. Les différentes étapes de fabrication d’une cloche nous ont été présentées. De cet atelier sont sorties de prestigieuses cloches : pour l’abbaye Royale de Fontevraud et plus récemment pour l’inauguration de Notre-Dame de Paris. Actuellement, une commande est prête pour une église  de  Bretagne, une autre se prépare pour l’Aveyron. La renommée de la fonderie s’étend jusqu’à l’étranger.

Pour produire le meilleur son, la fonderie allie désormais l’art ancestral des artisans-artistes aux technologies de pointe.

La fonderie est également campaniste : elle assure l’installation et la maintenance des cloches.

Son activité a donné le nom des habitants de Villedieu les Poëles : «les sourdins», frappés de surdité par le martèlement bruyant et répété des métaux.

L’autre visite nous conduit au Musée du Patrimoine Sourdin. Un bel espace, clair, moderne qui fait revivre l’histoire de Villedieu, expose de belles pièces produites dans les ateliers de la ville : des cuivres, par exemple, disposés comme un mobile, une belle armoire normande, un vaisselier et une fontaine en laiton. Nous admirons le raffinement des dentelles aux fuseaux du XIXème siècle. L’école de dentelle accueille encore aujourd’hui une trentaine d’élèves de tous âges. Les verrières sont elles aussi, tels des moucharabiehs, de véritables œuvres d’art.

Notre Dame de Villedieu Les Poëles

Villedieu le Poêles a été, du XIIème siècle jusqu’à la Révolution française, territoire indépendant, sous l’autorité d’un Commandeur de l’ordre de Malte. De là, remonte la longue tradition du travail du cuivre. Partis en Terre Sainte, chevaliers et hospitaliers ont découvert le travail  du cuivre et rapporté tout un savoir-faire qui a permis de remplacer les ustensiles  en grès, plus fragiles,  par les cuivres.

Terroir appartenant à l’origine à l’abbaye aux Dames de Caen, il n’existait pas de paroisse de Villedieu avant le premier tiers du XIIe siècle. Villedieu était alors une partie de la paroisse de Saultchevreuil appelé Siennestre. En 1130, le roi d’Angleterre et duc de Normandie Henri Ier Beauclerc donne quatorze acres en un lieu nommé Siennêtre aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, pour édifier leur commanderie de Villedieu-les-Saultchevreuil (anciennement Saucherelle). Ces derniers y fondent un village, Villa Dei, qui devint Villedieu. La ville fut longtemps administrée directement par l’Ordre et les habitants ne payaient pas d’impôts.

Au XVIe siècle, des fondeurs venus de Lorraine s’installent à Villedieu. Au XIXe siècle, la ville se développe grâce à la mise en service de la ligne de chemin de fer Paris – Granville. En 1865, Adolphe Havard, crée la fonderie Cornille-Havard.

Le Grand Sacre célébré depuis 1655 à Villedieu Les Poëles

L’origine de cette fête remonte au XIXe siècle, à l’époque de la Contre-Réforme catholique. Pour affirmer à nouveau la foi catholique, des Compagnies du Saint-Sacrement sont créées dans le Royaume de France. Elles vont remettre en place la Fête-Dieu et ses processions dans les villes.

Seuls les Dominicains pouvaient ériger une compagnie et ils se trouvaient au Mesnil-Garnier, près de Villedieu. L’Ordre de Malte, qui dirigeait la Commanderie de Villedieu, les a donc appelés et ils ont créé ensemble le premier Grand Sacre, le 27 mai 1655. Cette fête a toujours perduré. Villedieu Les Poëles est une des dernières villes de France à fêter le Saint-Sacrement. Ici, les habitants sont très attachés à l’histoire de l’Ordre de Malte. C’est une fête religieuse, certes, mais aussi une fête populaire qui a lieu tous les quatre ans.

Merci à Marie-Madeleine Chapdelaine qui a préparé cette belle journée.

Nous avons été contents de nous retrouver, d’avoir  beaucoup appris à l’occasion de ces visites et nous nous donnons rendez-vous la prochaine fois pour l’inscription au pèlerinage.

Marie-Paule déléguée LCE 50

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